Malkia : Musoki Jérémy

Malkia : Musoki Jérémy

Pourquoi l’écriture ?

Plus jeune, j’étais très bon en cours de français. Surtout en expression écrite/rédaction. J’avais commencé à écrire un truc sur le premier ordinateur familial. Mon père et son frère l’ont lu, j’ai eu honte et j’ai laissé tomber. Je le dis en rigolant parce que c’était une histoire de skateboard de l’espace. J’aimais beaucoup lire, et ce depuis tout petit, grâce à ma mère. Donc je pense que cela a beaucoup aidé. Ça peut paraître bête, mais j’ai appris à lire avec ma mère. Elle m’avait offert un livre « Mamadou et Bineta », et j’aimais tellement ça que je n’ai pas attendu l’école.
En BTS, ma prof de français m’a beaucoup encouragé. Elle était catégorique quant au fait que j’avais du talent. Elle me conseillait beaucoup d’écrire. Mais il a fallu plusieurs années dans la vie active pour que je me lance réellement. Avec comme inspiration première, l’Afrique, et notamment le Kongo.

Pourquoi Malkia ?

J’écrivais un roman (que je peaufine encore) sur le Kongo à ce moment-là. Une histoire centrée sur une jeune femme étant la clé pour sauver le monde quand mon chemin a croisé celui de Nofi et du coup Nofi éditions. D’un côté, je voulais écrire, et de son côté, il y avait besoin de quelqu’un voulant écrire. Cela a commencé par un petit texte de 3 pages et on a été satisfait des deux côtés, puis Malkia a pris vie. D’ailleurs, les 3 pages en question sont quasiment telles quelles dans le livre.

Pour toi, que représente Malkia ?

Malkia, c’est ma mère, mes tantes, mes cousines, mes nièces. Toutes ces femmes, et jeunes femmes que j’ai la chance de voir avancer. C’est un hommage à leur courage. Malkia, c’est l’avenir aussi. La prise de position que le changement ne viendra que si la femme est enfin libre de prendre sa place. Sans la femme, surtout sans la femme noire, pas de changement. Du coup, Malkia c’est aussi un peu tous ceux qui ont envie d’agir.

Quelles difficultés as-tu pu rencontrer dans la construction du projet ?

En termes d’écriture, il a fallu canaliser mes idées. Ce que l’on pense dans sa tête ne ressort pas de la même façon à l’écrit, mais j’avais une équipe solide avec moi pour rester droit.
Mais la réelle difficulté a été l’année 2020. Une année compliquée pour tout le monde et même pour Malkia vu que le monde entier a tourné au ralenti, mais finalement, à coup d’efforts, on y sera arrivé !

Que conseillerais-tu aux petits jeunes de la diaspora (et pas que d’ailleurs) qui pourraient être intéressés par l’écriture ?

Écrivez. Des petites histoires, des petits poèmes, des essais, puis des romans. Vous avez des choses à raconter, racontez-les. Vous ne savez pas qui vous lira. Vous ne pouvez pas non plus savoir quel impact cela aura aussi sur les lecteurs, alors lâchez-vous.
Et si vous faire relire vous angoisse, c’est peut-être parce que vous êtes sur la bonne voie. Un auteur qui angoisse, c’est un auteur qui se livre. Se livrer, c’est donner de soi avec authenticité. C’est ce qui donne envie de lire.